A toi bientôt là

cabane

Cher toi,

Tu ne seras pas mon premier neveu.

Tu me permets, je dis « neveu », parait que la sage-femme n’a que peu de doute sur ton petit secret anatomique. Mais si jamais, hein, t’offusques pas, on mettra ce masculin sur le compte de la grammaire patriarcale française.

J’ai déjà, à ce jour, sur le papier, deux nièces, bientôt trois, et un neveu. Mais toi, oui, tu seras particulier. Tu seras le premier enfant de mon unique petite soeur, celle que j’ai vu grandir et s’épanouir, de la si jolie petite princesse aux boucles indomptables à la femme souriante et douce, bien plus forte et solide que ce sourire peut parfois laisser paraître.

Tu seras le premier enfant de celle qui ne m’a jamais quittée et que j’aime autant comme une soeur que comme une amie. Tu vois, c’est pas rien, quand même.

Je serai, si tu le veux bien…

la Tata un peu barrée, celle qui danse dans la rue avec un gamin qui sait déjà marcher accroché sur le ventre ou le dos, juste pour le faire rire ou parce qu’elle a les pieds gelés ;

la Tata un peu à part, qui se tait et sirote son verre de vin noyé dans des glaçons dès que le reste de la famille commence à parler politique ou de cette « connerie » de réchauffement climatique ;

la Tata un peu hippie qui pense dur comme fer que la libération de la femme ne passe pas par le biberon ou la couche jetable et qui te regardera toujours avec le même visage souriant, fatigué et surtout pas maquillé ;

la Tata que ta mère pourra appeler le jour, la nuit, entre les deux et à minuit, en semaine et le weekend, pendant mes vacances ou mêmes les tiennes ;

la Tata un peu fofolle qui te fera des grimaces à table, quand on t’aura réprimandé de ne pas avoir mangé tout ton dîner, comme si quiconque pouvait mieux savoir que toi ce qu’il se passe dans ton estomac ;

la Tata pas bien adulte qui te dira vas-y, saute dans les flaques d’eau, te regardera courir tout nu dans le jardin et manger avec les mains dans notre cabane faite main ;

la Tata qui n’aura pas peur de te garder une soirée, quelques heures en journée, et même la nuit si tes parents en ont besoin, parce que je sais que ça m’aurait fait tellement de bien ;

la Tata qui adore les bisous et les câlins, mais si tu n’as pas envie, je vais pas te forcer t’inquiète pas, mais je vais quand même vérifier si mon menton ne pique pas ;

la Tata chez qui on peut dormir tous ensemble dans le même lit, enlève juste ton pied de mon cou je te remercie, et demain on mettra plein de miettes de croissants sur le canapé du salon ;

Je ferai de mon mieux, je te le promets, pour être la meilleure Tata du monde, et pour le même prix complètement gratuit, je fournis même les cousins, le Tonton, le chat et les bonbons.

Le mieux dans tout ça, c’est que je crois bien, que des super Tatas comme ça, tu en auras aussi une du côté de Papa… si avec ça tu tournes pas libre et heureux, je promets de t’emmener chez Mickey un jour ensoleillé de juillet.

A bientôt,

Tata Marion.

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5 réponses à “A toi bientôt là

  1. Bonjour,

    Je débarque ici grâce au blog de Kiara, tombe sur cet article et entre larmes d’émotion et sourire de bonheur je me sens bien. Merci pour ton article.
    A bientôt
    Cécile

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