Chroniques fatiguées d’une mère en pyjama – 4

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[Chroniques fatiguées d’une mère en pyjama – 1]

[Chroniques fatiguées d’une mère en pyjama – 2]

[Chroniques fatiguées d’une mère en pyjama – 3]

5 janvier, matin, heure indéterminée

Hier soir, j’ai choisi un bouquin au pif dans la bibliothèque. J’en ai un paquet de livres en attente… si la maternité ne m’a pas coupé l’envie d’acheter des livres à chaque sortie en ville, elle m’a en revanche privé du temps nécessaire pour m’y plonger.

Et puis, faut l’avouer, le SNU ne m’avait pas épargnée… je ne préfère plus y penser. Brrrr.

J’ai donc collectionnés les bouquins neufs, pendant pas mal de mois. Un coma livresque qui a pris fin il y a quelques semaines, quand, d’une manière aussi suspecte que soudaine, ma fille s’est mise à dormir.

Incroyable, oui, je sais, personne ne va jamais croire que ce journal est vraiment ma vie ! Et pourtant.

Je le clame haut et fort : mon bébé de 9 mois dort. Genre beaucoup. De suite. Souvent. Calmement. Je renais. Et oui, ça ferait des jalouses.

En revanche, j’ai toujours mes cernes. Doivent être incrustées façon tatouage maintenant. Ou alors elles disparaîtront quand j’aurai rattrapé les 8000 heures de sommeil en retard que j’ai accumulées en 4 ans. Dans deux ou trois vies.

Je vous assure que ça fait drôlement du bien de lire un livre, un vrai, un qui ne parle pas du développement du fœtus ou du bébé, semaine après semaine. Et non, le carnet de santé ne compte pas comme un livre, même si c’est peut-être celui qu’on connaît le mieux (dans la salle d’attente du médecin, entre ça ou un magazine people de 2009, le choix est vite fait).

Bref, hier soir, j’ai passé mon doigt sur les tranches de livres tout neufs et un peu poussiéreux, et j’en ai choisi un au hasard. Me souvenais même plus de l’avoir acheté, celui-là. Un cadeau, peut-être. Elle aime bien m’offrir des livres, Lucie, elle doit penser qu’elle m’aide comme ça à rejoindre le monde des adultes qui ne parlent pas dans les aigus à la troisième personne (« Alors il est où le bébé ? Oh mais il est là ! ») et ne font pas de coloriage ou de pâte à modeler tous les jours.

En passant, c’est quand même assez dommage, ça en détendrait quelques-uns au bureau, comme la petite sieste après le déjeuner.

Je me suis donc installée sous la couette, j’ai bien enfoncé mes épaules fatiguées contre les oreillers, et j’ai retourné le bouquin pour lire le quatrième de couverture.

C’est à ce moment-là que je me suis dit que la maternité, ça te changeait pour toujours – et pas qu’au niveau du périnée.

« Marqué par la mort récente de son fils unique, l’inspecteur Fin Macleod est envoyé sur son île natale… »

Bon, en soi, ça n’a déjà pas l’air super funky, mais quand tu es parent, c’est encore pire. Les livres ou films qui parlent de souffrances ou de mort de gamins, ça me fait le même effet que la perte de mon Doudou quand j’avais 3 ans. Le film Polisse ? Dur. Le petit qui se fait percuter par un camion dans Simetierre ? Horrible.

Tu vois ça, tu lis ça, t’as juste envie d’aller voir tes enfants et te pelotonner contre eux sous leur mini couette et leur respirer derrière les oreilles pendant plusieurs heures.

Le mec qui inventera un parfum à base d’odeur de derrière-les-oreilles-d’enfants, il se fera un paquet de pognon et il en fera économiser pas mal à la sécu aussi.

J’ai lu quelques pages et je me suis endormie. J’espérais presque qu’un des deux se réveille pour que j’aille le câliner.

Soir, sommeil proche

Bilan du jour : j’ai marché sur 2 Lego, fait semblant de trouver succulent du thé à l’air dans une petite tasse en plastique rose, fait des Mmmmm et des Ahhhhh devant un plat de fruits en bois apparemment « très chauds Maman, faut souffler », nettoyé 3 fois mes lunettes recouvertes de postillons (pour souffler, il souffle) et changé seulement 80 % des couches sales.

Un dimanche comme les autres, en pyjama, sans SMS planqués, avec du chocolat chaud et des puzzles. Une famille bien ordinaire.

J’ai même refait des crêpes. Je suis crêpophile.

PS : pantalon de pyjama en coton bleu qui baille aux genoux, débardeur de grossesse retrouvé au fond du panier à linge la semaine dernière. Gros gilet noir de la honte, mochissime mais tellement confortable.

3h42 du matin 

Groumpf. Ca m’apprendra à dire que mon bébé dort, tiens. L’esprit de contradiction dès le plus jeune âge.

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4 réponses à “Chroniques fatiguées d’une mère en pyjama – 4

  1. J’adore ces chroniques! Tu devrais les publier une fois finies, c’est vraiment génial. Genre Bridget Jones s’est reproduite. 🙂

  2. Pingback: Chroniques fatiguées d’une mère en pyjama – 5 | Maxi best of McMaman·

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