Chroniques fatiguées d’une mère en pyjama – 2

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[Chroniques fatiguées d’une mère en pyjama – 1]

2 janvier, tard, cachée sous la couette pendant que ça ronfle à côté

Aujourd’hui, pour une fois que les enfants dormaient encore passée l’heure du lever du soleil, il a fallu que le facteur sonne à la porte.

Quatre fois de suite. Quel connard.

Il pouvait pas juste laisser un avis d’absence dans la boite aux lettres, comme il fait d’habitude alors que je suis dans le salon ou la cuisine ?

J’ai bien remarqué son petit sourire sadique, au facteur, quand il a vu ma tête. Je devais avoir pas moins de 3 raies sur le crâne et une belle marque d’oreiller sur toute la joue. Bon, j’avais passé une robe de chambre sur mon pyjama vintage, j’ai sauvé environ 8 % de ma dignité de femme.

Pas tellement plus, hein, parce que je me suis rendue compte après coup qu’un de mes seins sortait à moitié du pyjama distendu, en ballotage total sous la robe de chambre.

Il m’a donc tendu le colis, « bonne journée » (et ta mère) et m’a laissée en plan avec ma catastrophe capillaire et deux gamins qui criaient comme des gorets qui rentrent dans un abattoir, en fond.

Je lui aurais fait bouffer le colis, promis.

C’était un cadeau de la belle-mère. Un 2 janvier à 8h55, franchement, ça pouvait être qu’elle ou un recommandé de la banque pour m’envoyer un chéquier.

Depuis que j’ai eu l’absence d’esprit de lui montrer comment fonctionnait le site internet pour le suivi de colis, je me sens traquée.

Ma belle-mère, c’est ma NSA personnelle.

Avant, je pouvais facilement attendre un jour ou deux avant de me résoudre à l’appeler et la remercier pour l’horreur qu’elle avait si gentiment envoyée.

Au choix, un dix-huitième pyjama Winnie l’ourson, une chemise à carreaux verts et jaunes, un jean slim tellement amidonné que mon grand pourrait même plus monter les escaliers avec… Ma belle-mère a un goût très sûr. Elle est sûre de me donner envie de rendre mon dernier repas à chaque ouverture de colis.

Mon mari trouve que j’exagère. Enfin quand je vois comme il sape la petite, je me demande surtout s’il n’est pas un peu daltonien. Le collant à pois roses avec la robe étoilée et les chaussons orange avec la tête de lion… Je la repère dans le noir, au moins, pas besoin de mettre de veilleuse.

Bref, j’ai ouvert le colis. Je savais bien que je n’avais au mieux que deux heures devant moi pour essayer de composer un remerciement diplomatique. J’imaginais déjà ma belle-mère devant son PC à cliquer compulsivement partout pour savoir si le colis était arrivé ou non.

Elle allait appeler, sachant très bien que le colis avait été livré, et je serais obligée de trouver un truc sympa à dire si je veux pas recevoir un SMS du mari, depuis le boulot, à base de : « Paraît que tu as pas été cool avec Maman ? Tu pourrais faire un effort quand même. »

Si tu savais les efforts que je fais déjà, mon petit chéri. Enfin, je t’en reparlerai, cher journal. Promis.

J’aurais dû mettre mes lunettes de soleil avant d’ouvrir la boîte. A l’intérieur, deux tenues. Elle n’aime pas faire de jaloux, ma belle-mère.

En taille 4 ans, pour l’héritier, un t-shirt lutin de Noël rouge et son bonnet vert et rouge assorti. Nœud pap’ vert à paillettes en sus.

En taille 12 mois, pour l’héritière, un pyjama à pieds lutin de Noël rouge et son bonnet vert et rouge assorti. Avec des paillettes sur le ventre.

D’un point de vue strictement chronologique, recevoir ce type de cadeaux un 2 janvier, ça me laisse quand même perplexe.

D’un point de vue strictement vestimentaire, c’était un moment les plus surréalistes de ma jeune de vie de mère.

Je savais très bien que j’allais devoir déguiser les enfants avec ces horreurs pour faire une photo hypocrite et l’envoyer à la belle-mère trépignant des fesses sur son fauteuil de bureau à faux cuir.

J’ai eu de la peine pour eux.

J’ai laissé le colis en plan et je suis allée me faire un café. Le grand s’abrutissait devant la télé à moitié à poil, et la petite faisait de grandes trainées de morve horizontales contre mon dos en y frottant son nez, emballée dans le porte-bébé.

 La belle-mère a appelé à 10h24, à l’instant où ma fille entreprenait de mastiquer un Lego.

J’avais évidemment préparé ma phrase, hein, je commence à être plutôt bonne à ce petit jeu. Le secret, c’est de pas lui laisser le temps d’en placer une.

« Bonjour, Belle-Maman ! Justement je pensais vous appeler après le déjeuner pendant la sieste des enfants, parce que là bien sûr c’est un peu la course, hein, vous connaissez le truc. Un grand merci pour les vêtements, c’est tout simplement A-DO-RA-BLE ! Dommage qu’on ne les ait pas reçus pour Noël, ça aurait fait de jolies photos. Mais bien sûr on va en faire et vous les envoyer, les enfants seront tellement mignons en rouge et vert. Oh la la, je dois vous laisser, y a des bêtises dans l’air ! Bisous, Belle-Maman, et merci encore ! »

Expédiée.

Le reste de la journée n’a eu strictement aucun intérêt, sauf passion pour le linge sale à détacher et trier ou pour l’art d’obtenir une cuisson optimale des crêpes avec deux enfants qui s’accrochent à ses pieds.

Finalement, l’avantage du journal intime sur le mari, c’est que je peux y parler de la belle-mère sans autocensure ou risque de grognement indigné.

PS : pyjama vieux tshirt du mari qui ne lui va plus depuis sa deuxième couvade, et culotte rose trop large, portée connement pendant la grossesse. Un seul petit trou sur la fesse gauche.

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4 réponses à “Chroniques fatiguées d’une mère en pyjama – 2

  1. Je valide pour ce satané facteur qui ne passe QUE le samedi matin à 8h… Alors que tout le reste de la semaine, c’est 11h…

    La BM, j’ai pas à me plaindre.. ( façon de dire qu’elle est comme inexistante)

    Le pyjama je valide aussi, et le tee-shirt, faut qu’il soit vieux, très vieux! Ca le rend plus doux! Ici c’est un tee-shirt datant de l’adolescence du zhom, avec des petits trous sur le devant que tu te demandes comment il a fait pour les faire (les mites? ah non, résultats des fumeries entre potes… )
    Mais il n’y a pas plus confortable, alors je le porte…

  2. Raaah foutu facteur !! et puis au passage… je suis raviiiiiie de ne pas avoir de belle-mère 😀 mouhahahaha

  3. Pingback: Chroniques fatiguées d’une mère en pyjama – 3 | Maxi best of McMaman·

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