Une journée à la mer

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Avertissement : dans le cadre de la campagne de prévention des vacances d’été mal organisées, et en partenariat avec le comité national des collègues nullipares qui n’en n’ont vraiment rien à carrer de vos photos, ce billet non sponsorisé vous est offert pour vous aider à mieux apprécier la rentrée.

La nostalgie des vacances, c’est une pathologie idiopathique à rapprocher de la nostalgie de la grossesse et de la naissance. La femme, la mère a une heureuse tendance à oublier facilement les moments les plus douloureux.

La nostalgie des vacances, comme celle de la grossesse et du démoulage, ça te pousse à pourrir les pauses café de tes collègues, en leur farcissant le bulbe de photos mal cadrées, soit de gamins ensablés en maillots de bain ridicules, soit de nouveau-nés fripés aux traits vaguement amphibiens.

La nostalgie des vacances, c’est oublier le trajet en voiture sur autoroute bondée, les boules de glace sur les sandales, le melon trop cher et même pas bon et les tours de manège Allez-on-y-va-c’est-parti-on-attrape-le-pompon avec la voix d’un crooner ivre trachéotomisé en urgence.

Une vraie journée à la mer, ce n’est pas comme dans les films avec des enfants qui jouent tout seuls, des parents qui sirotent du vin à l’ombre d’un parasol de 8 mètres de diamètre, leurs affaires sagement posées sur leur serviette sans un seul grain de sable.

Non, une vraie journée de famille à la mer, ça mérite vraiment d’être rapidement oubliée – la France est déjà suffisamment consommatrice d’antidépresseurs comme ça.

Chéri, nous n’avons même pas quitté le lotissement, la mer n’est pas au coin de la rue, non nous ne sommes pas encore arrivés.

Ni là.

Non, toujours pas.

Je te préviendrai, promis, tu peux dormir. Ou jeter des chips dans la voiture, à ta guise.

Tu veux faire pipi ? Vraiment ? Parce qu’il y 12 minutes on s’est arrêté et tu as perdu environ 800 grammes et arrosé un hectare de fougères.

Tu feras pipi dans la mer, d’accord ?

Non toujours pas arrivés, mais on n’a jamais été aussi près. Promis.

 Tu veux encore écouter Une souris verte ? Vraiment ? Les 24 premières fois n’ont pas suffi ? Bon.

(…)

Ah bah tu vois qu’on est arrivés ! Allez, viens prendre ton petit sac. Non chéri je ne peux pas te porter, tu vois bien que Maman ressemble déjà à une mule pas fraîche planquée sous le parasol, le bateau gonflable, la glacière et les serviettes de bain.

Tiens assis-toi là, viens enlever tes chaussures. Oui le sable est un peu chaud, et non il ne va pas te brûler.

Oui il faut aussi enlever les chaussettes, sinon ça fait touriste allemand, je t’expliquerai.

Reste près de nous, ne cours pas tu envoies du sable partout.

Ne marche pas sur les serviettes des gens !

Bon on se met là, oui c’est bien là.

Enfile ton maillot, non ce n’est pas une couche faut pas faire pipi dedans. Tu peux faire pipi dans la mer si tu veux, tout le monde le fait, oui même si c’est sale.

Ah c’est trop tard ? Oui tu peux l’enlever, non j’en n’ai pas d’autres de maillot, non ce n’est pas grave si tu restes la bistouquette à l’air tu regretteras juste les photos dans quelques années.

Tiens, on prend une photo ?

Viens mettre la crème solaire avant de courir partout ! Eh oui même sur les fesses et le zizi Monsieur le nudiste. Non ne pars pas, je n’ai pas fini ! Tourne-toi que je fasse le dos, non tourne-toi, pas assieds-toi ! Et voilà tu as les fesses toutes collantes.

Non ne t’assieds pas sur mes genoux !

Non pas de crème sur les cheveux, pas la peine.

NE MARCHE PAS SUR LA SERVIETTE !

 Mais oui tu peux faire pipi dans la mer, non tu ne peux pas faire caca en revanche, oui c’est subtil les conventions sociales.

Ne joue pas avec le parasol. Non ce n’est pas un gros parapluie, non il ne va pas pleuvoir c’est promis. Non tu ne peux pas courir avec pour t’envoler, laisse-le planté dans le sable.

Non la bouteille d’eau ce n’est pas pour s’arroser, c’est pour boire. Tu as la mer devant toi, ça devrait suffire pour s’arroser, non ?

Garde ta casquette sinon tu vas avoir mal à la tête. Sur la tête la casquette pas dans la main !

Ca fait combien de temps qu’on est là ? 43 minutes ? Ah ouais, ça passe aussi vite qu’au parc, en fait.

Tu as faim ? Tu veux un sandwich ? Pardon ? Des patates ? Tu crois vraiment que j’ai amené la friteuse à la plage ?

Tiens mange du melon. Attention ça glisse.

Non ne mange pas ce morceau de melon il est plein de sable. Prends-en un autre, non non il ne sera pas triste, hop on le met à la poubelle, voilà.

NE MARCHE PAS SUR LA SERVIETTE !

Tu veux aller te baigner ? Non les vagues ça ne pique pas. Ah oui c’est plus froid que le bain, quand même.

Est-ce qu’il y a des bêtes dans l’eau ? Il vaut mieux que tu ne saches pas.

Tu me regardes, on prend une photo ?

Tiens, tu vas te baigner avec Papa ? Ouais c’est bien, vas-y, je vous regarde de loin.

Ah vous êtes de retour ? Non non je ne dormais pas.

Oh c’est joli oui, qu’est-ce que c’est ? Un château de sable ? Ah, bien. Bon, ça fait davantage ruines grecques que château fort médiéval, mais y a de la recherche. L’astuce c’est de remplir le seau complètement, tu vois ?

Non ok je touche pas c’est ton seau, pas de souci.

Remets ta casquette !

Ah maintenant faut que je touche ? Tu me le prêtes ? C’est sympa. Si si vraiment, moi qui adore l’architecture.

Alors moi je fais des pâtés et toi tu marches dessus, d’accord, je saisis le concept. Non ne marche pas sur ce château ce n’est pas moi qui l’aie fait !

NE MARCHE PAS SUR LA SERVIETTE !

Tu veux ton goûter ? Un gâteau mais pas celui-là parce que celui-là il a le coin cassé. Ca change le goût du gâteau ? Laisse tomber. Non pas dans le sable !

Photo ?

Tu es fatigué ? Tu veux t’allonger un peu ? Viens à l’ombre, voilà, ah c’est bien j’avais pas vu que tu avais gardé du sable au creux de tes mains, formidable, y en a plein la serviette, ça fait effet gommage.

Ah tiens je vais prendre une photo, ça fera rire mes collègues.

Bon ben ton père a fugué je crois, ça fait plus d’une demi-heure qu’on l’a pas vu. Malin le mec.

Tu veux boire un peu ? Oui l’eau est un peau tiède, mais c’est bon aussi.

Pourquoi tu tripotes tes fesses, là ? Ca te gratte ? Montre à Maman. Ah oui, y a de quoi refaire un Paris Plage avec tout le sable que tu stockes. Viens par là que je te rince.

Ah tiens revoilà ton père, tranquille. Il a dû faire la traverser de l’Atlantique à la nage.

Mais où est ta casquette ? Sous le sable ? Quel sable ? Le château ? Celui sur lequel on a versé de l’eau de mer ? D’accord. Bon. Zen. Cool. Relax. Facile. Amour. Sourire.

15h, déjà ! On y va, on rentre à la maison ? Oui c’est bien la maison, y a pas de sable.

Ah, un tour de manège d’abord ? Bon. Pense à attraper le pompon.

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… et bonne rentrée !

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5 réponses à “Une journée à la mer

  1. et encore t’es gentille t’as zappé réussir à les sortir de l’eau, « attends je me rince les pieds ! », enlever le plus de sable possible avant de les rentrer dans la voiture, et les pleurs à l’arrivée parce qu’ils se sont endormis dans la voiture et que c’est la sieste dont ils se réveillent de la plus méchante humeur possible… après t’as du sable partout dans la maison, et c’est la valse des douches, voire éventuellement du vinaigre pour les coups de soleil. méthode de grand-mère.

  2. ou apres l’avoir rincé a la douche de la plage , et que tu lui dis:  » ma puce t’assie pas … trop tard… bon ben go a la douche « 

  3. merci…j’ai lu un billet, puis un autre, encore un… et finalement, je suis revenue en arrière et je les ai tous lus! j’ajouterai qques heures de sommeil a rattraper sur mon compteur mais avec les loulous de 5 mois et 2 ans et demi, c’est pas encore pour tout de suite les 8h de sommeil. N’empeche que j’ai même réussi à réveiller l’Homme (celui que rien ne réveille, surtout pas les pleurs de 2 monstres… mais vu que j’allaite toute facon, ca sert a rien qu’il se leve! pratique?) tellement je riais! ben ca fait du bien dis donc!!!alors encore merci et je vais de ce pas commander le livre!

  4. L’enfant « panée » tellement elle s’est roulée dans le sable avec la crème solaire, parce qu’elle ne veut pas marcher pour aller jusqu’à la mer, parce que c’est chaud… 😡

  5. boudiou ! Mais c’est vrai qu’on oublie le pire ! C’ets dommage, quand même, on se marre bien … rétrospectivement !

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