Guide de survie sur autoroute

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Les vacances de nullipares tant attendues sont aujourd’hui redoutées à cause de ce siège-auto sur la banquette arrière. T’as bien essayé de trouver un super lieu de repos avec piscine soleil et melon à moins de 20 minutes de chez toi mais non, impossible. Il va falloir prendre l’autoroute avec l’enfant.

Tu vois l’état dans lequel tu es à la fin d’une journée enfant malade, quand t’as aussi chopé le virus gastrique, fait 5 lessives à 60° dans la journée, que le dit enfant n’a pas dormi depuis la veille (et toi non plus, donc) et ne veut que tes bras tes bras tes bras ou vomir vomir vomir vomir dans ton cou dans ton cou dans ton cou, et que dès que ton conjoint franchit le seuil de la porte, tu te réfugies dans le garage, dans le noir, prostrée dans un coin en balançant ton corps d’avant en arrière en chantant Une souris verte qui courait dans l’herbe… ?

Et bien ce n’est rien à côté de ce que l’enfant sanglé dans son siège auto peut te faire subir en quelques minutes. Il est donc indispensable de bien se préparer, et pas uniquement en commençant une cure de Valium quelques jours avant le départ.

1. Bien choisir l’heure du départ. Mener une étude statistique avancée sur les heures les plus creuses sur l’autoroute, corrélée à la courbe de température et l’inclinaison du soleil, créer un algorithme en gardant comme variable les heures de sommeil préférées de l’enfant, croiser les données, ajouter une bonne dose de café, et partir donc en vacances un jeudi soir vers 22h14.

2. Equiper le véhicule en bouffe facilement conservable par 30°C et qui ne risque donc pas de finir en fusion contre le tissu du fauteuil ou entre deux bourrelets de cuissot du marmot. Idéal, le Chipster vole très bien du siège avant à la banquette arrière en triple back flip, et ne salit pas grand chose si tu as mal visé.

3. … et en petits jouets aisément balançables sur les genoux de l’enfant et ne risquant pas de briser les vitres ou le pare-brise. L’enfant peut en effet être un tout petit peu sur les nerfs, tout coincé dans son siège à bretelles relous, et vous le faire savoir à coups de livres cartonnés sur le coin de la gueule. Idéalement, prévoir un gros sac de jouets me ne les distiller qu’avec parcimonie pour faire durer le plaisir.

4. Ne jamais oublier la loi du Parent #786 : l’enfant pleurera à la seconde où tu auras dépassé la sortie pour l’aire de repos et que la prochaine t’attend à environ 20 années lumière km. Anticiper donc cette reloutitude scientifiquement prouvée sous contrôle maternologique et s’arrêter dès que l’enfant commence à cligner des yeux, chouiner ou grogner. Toutes les 16 minutes, donc.

5. Se rappeler de ses exercices de respiration spécial démoulage et regarder fixement la route, option compter le nombre de bandes blanches sur le côté pour rester calme. Si tu conduis, se concentrer fort fort sur la route encore plus que le jour du passage du permis, et si tu ne conduis pas, se concentrer fort fort sur la route comme la fois où tu as proposé de faire de la conduite accompagnée avec ta nièce.

6. Garder un tensiomètre à porter et vérifier la pression artérielle du conducteur dès que des gouttes de sueur apparaissent sur les tempes que les veines deviennent saillantes, ou que les empreintes des doigts se dessinent sur le volant. Proposer une petite pause. Un massage. De passer la nuit sur l’aire de repos. D’abandonner l’enfant dans les toilettes turques.

7. Toujours bien attacher sa ceinture de sécurité, et rajouter idéalement un cadenas à clé, non pas pour éviter les blessures graves en cas d’accident, mais pour limiter la tentation d’ouvrir la portière et de se jeter sur le bas côté à 130 km/h pour échapper aux hurlements contenus dans l’habitacle. Ne pas se laisser à visualiser cette scène ô combien salvatrice, non non, vite Henri Dès.

8. Renoncer purement et simplement à écouter de la musique qu’on aime et choisir celle qui fait taire l’enfant. Que ce soit de l’opéra, Henri Dès, du gros rap américain ou même Zaz. Nan, je déconne. Dépasser ses limites sociales et ouvrir les vannes de la folie familiale en dansant tous ensemble sur Un éléphant qui se balançait sur une toile toile toile, toile d’araignée, en remuant les bras et la tête, et faire flipper les voitures qui te doublent. Triple bonus si c’est des British.

9. Se souvenir de la Loi du Parent #379 : l’enfant voudra la seule chose qui n’est pas accessible ou disponible. Ca marche avec la balançoire occupée par un grand de 9 ans au parc, le livre rangé tout en haut de l’étagère à la garderie et tout ce que tu as naïvement rangé dans le coffre de la voiture. Il faut TOUT garder à portée, la bouffe, la flotte, les jouets, les doudous, les couvertures, les crayons de couleur, les livres, les photos… quitte à passer 600 bornes avec un pied dans le vide poche de la portière et un autre sur le tableau de bord, les genoux écrasés sous environ 45 kilos de matériels de puériculture.

10. L’enfant a un détecteur de mouvement planqué dans le cul. Tant que tu roules, tout est sous contrôle, enfin, à peu près. S’il dort, quoi. Mais dès que tu ralentis, l’enfant le sent et prépare son réveil en hurlement. Tu aperçois la barrière de péage au loin, tu rétrogrades, tu transpires, tu fais rapidement une étude visuelle des différentes caisses, évidemment tu choisis celle avec la connasse devant qui a laissé son ticket dans le coffre ou qui fait tomber sa carte bleue entre la voiture et la machine. Tu fais donc de légers mouvements d’avant en arrière dans la file. En gros, tu berces ton gamin avec une voiture.

Et pour passer à la caisse sans encombre, entraine-toi à glisser un ticket et une carte bleue dans 2 fentes distinctes sans jamais arrêter complètement la voiture. Dans ton allée de garage par exemple, ou sur le parking de Carrefour un dimanche.

Ouf, tu as survécu.

La bonne nouvelle, c’est que si tu n’avais pas vraiment besoin de vacances avant de partir, en arrivant, tu es super heureuse d’en avoir, finalement. Mais ne pense pas au retour, tu te gâcherais ces quelques jours de repos.

Grâce aux voyages en voiture, tu développes tout ton potentiel anxiogène et claustrophobe.

Grâce aux voyages au train, tu découvriras tes penchants agoraphobes et tes instincts de survie primaires.

Vivement le retour dans quinze jours, un samedi noir de préférence.

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23 réponses à “Guide de survie sur autoroute

  1. joli article , trés semblable à notre départ en vacances , rajoute deux marmots qui vomissaient parce les bouchons , ben ça fait vomir…..3 heures de plus de trajet du coup, soit un Lille Nice en 15h et des patates….vive les mamans!

  2. Option galerie de toit ou coffre avec un doudou enfoncé dans la gueule, ça marche non ?

  3. Personnellement à l’approche du péage je maudis ces pures de bandes rugueuses sensées te faire ralentir mais qui j’en suis sûre sont là uniquement pour bien réveiller ma mini-naine qui s’était endormie 7 mn et 12 secondes plus tôt !!

  4. Merci, j’ai revécu mon trajet pour les vacances….dire qu’on a choisit la Bretagne plutot que la cote Basque afin que l’enfant puisse mieux supporter le trajet…résultat, il a hurlé tout le long et on a eu de la pluie….

  5. Tu étais dans ma voiture lors de notre dernier trajet… ou bien ???
    Bonne tranche de rigolade, enfin façon de parler ! Parce qu’en plus nous avions droit au « maman, mal au ventre » (traduire mal au cœur !)… et là c’est la loose quand tu dois faire 700 bornes !

    • Ouiiiii ça j’y avait droit avec mon grand, vomito systématique quand on allait chez mes BP (3 h de route dont 2h30 de lacets en montagne…. Merveilleux !). Pas un trajet sans boîte à vomi (tupperware recyclé) et arrêt nettoyage du nain (quand il fait -4 degré et qu’il neige c’est encore plus fun).
      Bon maintenant il a 10 ans et ça va mieux, quand il commence à être pâlichon il regarde bien la route et entrouvre sa fenêtre tout seul.

  6. Nous on a opté pour l’avion. Donc déjà, glander 2h dans l’aéroport en l’empêchant de vider la terre des pots de fleurs dans les poubelles, ensuite, l’attacher sur les genoux du papa pour le décollage, ah m! on aurait dû lui acheter un nouveau jouet, une fois détaché il est passé des genoux de l’un à l’autre tantôt intéressé par le hublot et tantôt par sa maman, finalement il s’est endormi. Une fois attaché sur mes genoux pour l’atterrissage…

  7. Et dieu créa le lecteur DVD portable…. qu’on aura préalablement oublié sur la table du salon !

  8. Je nuancerai tout de même l’aspect saleté de siège et son harnais qui bloque et que ça énerve le monstre : nous avons doté Levantine d’un siège à bouclier (pas de harnais mais un bouclier ventral qui la coince contre son siège et qui est fixé par la ceinture de la bagnole) du coup elle dispose:
    a) d’une grande liberté de mouvement du torse.
    b) d’une tablette pour jouer avec ses biscuits ou manger ses doudous (ou l’inverse),
    c) comme c’est bien conçu, d’un accroche doudou qui l’empêche de les jeter_hors_ de sa portée.
    d) le bouclier lui permet de poser sa tête pour dormir (comme sur une table de tgv dans les espaces à 4 pour les grands); c’est d’ailleurs comme ça qu’il amortît une décélération brutale en cas de choc : tout le thorax et la tête viennent se poser dessus, sans surtension des cervicales.
    Bref, l’autoroute ne nous fait pas peur : elle joue, elle boit, elle dort puis elle rejoue etc. Et parfois faut s’arrêter pour manger et se changer 😉

  9. tu m’as fais mourir de rire !! merci….et c’est là que je me dis…. »ouf on a de la chance »….on a pas encore connu ça…et se sera pas cet été parce que pas de vacances mais merci de ce beau texte et les rires associés !!

  10. C’est justement pour toutes ces bonnes raisons que je réflechis les prochaines vacances cet été en terme aussi de miles à parcourir 😉 Ma progéniture aura 1 an…

  11. lol!! c’est donc ça qui m’attend ds qq smois!!
    bon pour la n°2 (2. Equiper le véhicule en bouffe facilement conservable par 30°C et qui ne risque donc pas de finir en fusion contre le tissu du fauteuil ou entre deux bourrelets de cuissot du marmot.), on a déjà trouvé la solution l’an dernier: une glacière qui se glisse derrière le siège passager ou conducteur et qui se branche sur l’allume cigare. 2 gros pains de glace dedans et votre bouffe et vos boissons restent fraîches ! (et en plus le cordon est « double », il peut aussi se brancher sur une prise secteur classique une fois arrivés au camping!! ah une bonne bière bien fraîche à l’arrivée!!!).
    Bon c’est sûr, niveau consommation électrique on est sur du G, pas vraiment écolo mais une fois/an en vacances…ben on regarde pas hein…

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