Le peuple du RER

Dans le RER on trouve de tout. Et surtout n’importe quoi.

Des gens mal réveillés, la crotte au coin de l’oeil, des parisiens gens qui font la gueule, des gens qui se mouchent discrètement dans leur écharpe et d’autres qui reniflent jusqu’à l’embolie cérébrale.

Y en a avec des iPad (connard) et d’autres avec un ordinateur IBM plus vieux que la rame ou que ma mère, et qui chauffe tellement que ça lui fait chauffage d’appoint.

Des bobos qui lisent Pour sauver la planète et prennent les transports en commun pour calmer leur conscience (mais l’été prochain, c’est les Maldives), d’autres bien emmerdés de se trouver là au milieu de la plèbe – l’Alfa Roméo a refusé de démarrer ce matin (penser à annuler le golf).

Y en a qui lisent Libé griffés de la tête aux pieds, et d’autres qui regardent par la fenêtre défiler les HLM et les troncs d’arbres. En France on aime bien faire pousser des troncs, juste les troncs, le long des routes et des voies. Comme si des vikings avaient fait un gros concours de lancer de chêne.

Ceux qui se la jouent New York style un gobelet Starbucks à la main, ceux qui trépignent sur le quai en priant pour qu’une porte s’arrête juste devant eux. Ceux qui sont persuadés d’attirer les portes comme on attire la foudre. Sont cons, les gens.

Ceux qui ont froid, ceux qui ont manifestement faim (non, le brouhaha du train n’a pas occulté les gargouillis de ton ventre trop vide), ceux qui se sont trompés de rame et qui sortent d’un petit bond de cabris de la rame juste avant la sonnerie. Et s’éclatent la gueule sur le quai. Ouais, y avait une marche.

Ceux qui ont trop fait la fête la veille et portent les lunettes de soleil de Supercopter en janvier à 9h du matin. Peut-être juste de gros branleurs ou d’éternels optimistes. Ou des branleurs optimistes.

Celui qui laisse sa sonnerie de téléphone à fond et prend approximativement 34 minutes pour répondre. Celui qui est resté coincé dans les années 2000 et joue à Snake 1 sur son Nokia 3210.

Celui que ça gêne pas de fouetter les gens avec les pages grandes ouvertes du Monde à l’heure de pointe, et celle qui raconte sa vie sexuelle au téléphone à sa best cop’ ever qui se trouve dans le RER suivant.

Celui qui pense que le vendredi à l’heure de pointe, c’est le meilleur moment pour promener son sapin ou déménager son canapé.

Celui qui ressemble à Jésus, mais avec des Nike, la fan de Lady Gaga, ou juste sous LSD, le fils de bonne famille avec son petit pull sur les épaules et sa mèche à la Justin Bieber, et l’héritier de Bernard Thibault.

La parisienne qui brandit son iPhone strassé et qui chialera sa mère dans 5 minutes, choquée, parce qu’on vient de lui voler son précieux à l’arrachée.

Ceux qui bossent déjà, arrimés à leur smartphone, pestant contre la 3G et les putains de tunnels. Ceux qui n’ont apparemment pas prévu de bosser en journée et de baladent avec une sacoche vide. Les fonctionnaires prennent aussi le RER.

Celui qui veut toujours ouvrir la fenêtre même par -15° et la petite vieille qui râle parce qu’elle va attraper la mort. Encore une expression bien conne, tiens.

L’ingénu, si choupinet, fraichement débarqué de province, qui s’étonne toujours de voir le train s’arrêter entre deux stations ou ralentir et rouler à 10km/h. Celui qui n’attendait que ça pour pourrir le conducteur.

Celui qui regarde sa montre un peu trop souvent et celui qui lit par dessus ton épaule. Connard, si tu lis ça.

Celui qui parle tout seul, et celui qui lui répond. La fille qui pince le nez et celui qui ne touchera jamais la barre quitte à tomber sur 4 grands-mères et 3 enfants.

Celui qui dégaine son gel antibactérien et la vieille qui sort son tricot.

Le business man chinois et le vendeur SFR en costard inflammable. L’écolier un peu paumé avec du Nesquick autour de la bouche et l’étudiante en art qui garde ses crayons dans les cheveux. C’est tellement frais.

Celui qui pense que sa conversation intéresse tout le wagon. Et tout le wagon qui s’en fout de sa vie.

Celui qui n’est là que pour une ou deux stations et s’assoit sur un coin de fauteuil. Celui qui se tape toute la ligne et étale ses jambes (dommage pour les tiennes) et son manteau sur lui, limite il a sa place réservée et un petit oreiller d’appoint.

Et le super bonus du vendredi matin : un gros Roumain bien crasseux qui fume un ENORME pétard dans la rame, à coté de sa femme enceinte jusqu’aux yeux, très élégamment chaussée de sandales noires et de chaussettes vertes.

Et moi. Sortez-moi de là.

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15 réponses à “Le peuple du RER

  1. Ligne D mon amour. Pendant des années on m’a demandé « haaan mais comment tu fais pour faire 3h de transport par jour ? »
    Ben j’adore les transports en commun, connard.

  2. T’as aussi çui qui essaie de capter ton regard, et quand tu détournes les yeux il essaie de le capter dans le reflet de la vitre. J’le déteste çui là ! 9ui qui lit par-dessus ton épaule, m’énerve çui là.
    aaaah Paris me manque pas du tout ! (jsuis une ex-connasse à Iphone strassé qui raconte sa vie sexuelle à sa BFF)

    • Y’a celle qui a le cup starbuck métal d’un côté, le blackberry qu’elle n’arrive pas à faire fonctionner, une pile de magazines comptant têtu, figaro mag, le canard enchaîné et un truc japonais bizarre, qui se rend compte dans le regard de ses voisins qu’elle a sans doute mis trop de blush ce matin, pourquoi qu’ils me regarderaient tous de travers, sinon….

  3. Vraiment super !

    « Celui qui veut toujours ouvrir la fenêtre même par -15° »…
    Mais… C’est moi ça !

    « et celle qui raconte sa vie sexuelle au téléphone à sa best cop’ ever qui se trouve dans le RER suivant. »
    Bien dommage que ça n’arrive pas plus souvent, au moins ça ferait passer le temps plus vite !

    Bonne journée,
    C

  4. Pingback: That’s about McMaman… | leblauguedeyves·

  5. Pingback: Interview de la semaine : Cassia from the mafia irlandaise « Maxi best of McMaman·

  6. Y a des choses qui manquent pas et qu’on n’regrettera jamais quand on quitte Paris !! Même si je dois me taper 200 km par jour en voiture.
    J’ai pas de transport en commun ou alors en 5h ! avec des milliers de train (nooooon suis pas marseillaise), bus et taxi pour les zones non couvertes.
    T’as oublié les odeurs de transpiration ! ça m’a traumatisé puisque je suis petite et souvent sous celles des gars qui se tiennent (à la barre du haut bien sûr !)

  7. Pingback: Les nichons de la gloire « Maxi best of McMaman·

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