On va en rester là, Martine (ou les joies de l’administration).

Déjà, premier constat : toutes les femmes qui bossent à des guichets administratifs ont des prénoms qui cherchent la moquerie. Martine, Marie-Thérèse, Ghislaine. La nôtre sera Martine.

Dès l’aube (9h30), Martine est sur le pied de guerre pour accueillir les citoyens de sa jolie ville pour les aider dans leurs démarches outrecuisamment répétitives et laborieuses. Martine prend le dossier de mariage qu’on lui apporte et en sort précautionneusement les 5467 pièces originales obligatoires et les 3459 photocopies subordonnées.

Il s’avérera plus tard que les gentils citoyens un peu nigauds ont photocopié pour rien ces 3459 pages et que de toute façon, Martine va les re-photocopier sur sa super photocopieuse de la mort cachée derrière un paravent en moquette. Je suppute qu’il s’agit d’une super photocopieuse de la mort vu qu’elle a refusé nos copies qui pourtant avaient même pas de tache de café dessus.

Martine étale en petites piles mignonnes tous les papiers réclamés, en rend la moitié qui finalement « ne sont pas utiles » et vérifie, revérifie, et re-revérifie chacune des piles 2 ou 3 fois, rapport aux papelards qui ont tendance à se faire la malle tout seuls quand on les regarde pas. Ou à un défaut de mémoire-tampon chez Martine.

Une fois que la présence et l’authenticité des 3874 papiers restant à été prouvée, Martine ouvre le logiciel « Mariage » sur son Vindoz 95. De 2 ou 3 doigts potelés et élégamment décorés de bagues en plaqué Or (cadeaux fidélité Damart hiver 98, printemps 2002 et été 2004), Martine entreprend de recopier minutieusement notre état-civil. Et là, et LA, tu es content de pas avoir un nom à rallonge avec particule et localisation géographique de tes aïeux sur 4 générations.

C’est à cet instant que tout bascule. Il est 9h48, Martine va être humiliée. Une collègue (Simone. Elle a une tête a s’appeler Simone.) arrive furtivement dans son dos, un chandail (oui quand on s’appelle Simone on porte des chandails) en pilou-pilou et une écharpe en poils de yak prépubère nonchalamment posée sur les épaules. « Martine, tu dois pas y aller, là ? » La-dite Martine se trouve bien dépourvue (toujours rapport à la mémoire-tampon défaillante). « Bah oui Martine, t’as vu l’heure ? Bon, on va en rester là, Martine. »

(Notons comme la répétition du prénom donne un ton condescendant au possible. Sacrée Simone.)

Martine, penaude, débarrasse donc le plancher sous le regard méprisant de Simone. Non, Martine ne se souvenait plus qu’elle devait y aller (on ne saura jamais où. Le mystère demeurera.), Martine, cette gourde, n’avait pas vu l’heure, et Martine se vit forcer d’en rester là.

Simone prit la place de Martine, et s’enquit de revérifier, bien sûr, tout le dossier. Forcément, comment faire confiance à une Martine qui ne se souvenait même pas qu’elle devait y aller ?

C’est à cet instant que nous, jeunes citoyens somme toute assez pressés de se barrer, commençons à nous lancer des regards en coin. Des regards de peur : « Simone va-t-elle nous faire déménager dans le petit box en papier carton d’à côté et tout reprendre à zéro ? » La peur devient terreur quand Simone nous annonce « Ah je suis sur sa session en plus, j’aime pas ça ». Sueurs froides.

Ouf, Simone est chiante, mais Simone est surtout feignasse et préfèrera se plaindre de la session de Martine plutôt que d’ouvrir la sienne.

Le reste du dépôt de dossier s’étant déroulé sans encombre (bon, elle s’est gourrée que 3 fois dans les noms, professions et adresse, limite ça compte pas), on va en rester là, lecteur.

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13 réponses à “On va en rester là, Martine (ou les joies de l’administration).

  1. Le parcours du combattant ou comment ne pas exploser devant la bétise et l’inefficacité… Simone aurait pu décider aussi de n’ouvrir qu’à pile… Finalement chanceuse!:-) Et se sent sacrément léger après, non?

  2. Grrr elle a pas intérêt à s’être gourée dans mon nom !! Euh, en fait je viens tout juste de comprendre le jeu de mot contenu dans le nom de ton blog (c’est quoi déjà mon métier ?) (je vais me reconvertir en employée de mairie).

    • Bah en fait elle a mis « Eleonore », sans accent, car y en a pas sur ton passeport… mais sinon c’est bon. Ouf. Merci Simone.

      As-tu vu le DOUBLE jeu de mots ? (rapport au miam-miam et à mon futur nom ?)

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  7. Elle avait peut être rdv avec le Maire -(

    Hum nous qui voulions faire un mariage en comité restreint histoire d officialiser.. Vais peut être attendre ( d ailleurs les actes doivent être périmés depuis que je les ai reçu…)
    D.

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